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Transatlantique en cargo

20 décembre 2009 

Traversée de l’Atlantique en cargo (1er jour) : Première nuit dans le Cargo. On dort bien même si on sent le mouvement du moteur du bateau. En image, je dirai que le paquebot roule à l’électrique et le cargo au diesel. En ce qui concerne la vitesse moyenne (vitesse de service), elle n’excèderait pas les 22 nœuds mais ce qui est remarquable quand il faut déplacer ce cargo de 200 mètres de long et de 30.400 tonnes (port en lourd)…

 

Première journée à bord du cargo. On mange bien même si on n’a pas le choix des menus puisque c’est le chef cuisinier qui décide pour les trente hommes d’équipage et les passagers. Après le déjeuner, strictement entre midi et une heure, nous avons droit à une instruction de sécurité. L’instructeur nous montre  avec un élève comment enfiler la combinaison de survie ; ce qui lui donne un air de famille avec le célèbre Casimir de l’Ile aux enfants. Une combinaison pour enfant leur a été livré à notre arrivée. Néanmoins elle reste de trop grand taille pour Mathilde. Espérons que nous n’ayons pas à nous en servir. Deux canots de survie seulement, mais c’est suffisant pour le nombre de passagers et équipage à bord. Nous aurons certainement des exercices de sécurité à faire nous ont-ils prévenu, et nous devrons nous retrouver au point de rassemblement sur la passerelle, où se trouve le PC (poste de commande) que nous avons visité ; la structure en fer vert (chantier naval asiatique) est plus technique que soignée dans le design même si elle est agrémentée de nombreux écrans radars pour avancer de jour comme de nuit. Ensuite, comme ils nous ont rempli la piscine avec l’eau de mer, nous allons nous baigner dans un cube bleu d’un mètre cinquante de profondeur et à une température de 26.8°C. Nous décalons nos montres d’une heure en pleine après-midi : à 16h00, il sera donc 17h00, et ce afin de maintenir le même nombre d’heures de sommeil. A 18h00, ouverture de la cave où sont vendues en bon dutyfree de l’alcool et des cigarettes. On achète aussi un peu de coca pour Thithi. Walter nous aide à monter les cannettes et nous fait passer par l’économat, les cuisines où s’affaire Finkel, le Chef cuisinier. Son second est roumain, mais d’une manière générale dans le bateau, les gens sur le bateau sont gentils et il ne règne pas une ambiance militaire. Le soir, nous sommes invités à boire un verre offert par le commandant au bar du vaisseau et l’ambiance y est sympathique. Une jeune fille accompagne son ami pour la traversée. Nous papotons et elle me confie être au chômage sur le Havre et  compter déménager sur Annecy pour améliorer les chances de trouver du travail dans l’évènement culturel. Elle me confie également que le papa Noël va passer sur le bateau cette année compte tenu de la présence de Mathilde...

21 décembre 2009 

Traversée de l’Atlantique en cargo (2ème jour) : Petit déjeuner du côté droit de la grande table, là où la nappe est encore vierge de tâches. Au déjeuner, vient nous voir le chef mécanicien (j’ignore le grade exact). Il nous invite à venir visiter son royaume à 16h00. Martin ne nous accompagne pas car il en a déjà vu plusieurs auparavant.

En début d’après midi, Walter vient nous tenir un peu compagnie dans le carré des passagers et nous parle de son métier. Auparavant il était barman sur un bateau qui avait les moyens, il a pratiquement fait le tour du monde. Le bateau sur lequel nous sommes a beaucoup moins de budget et  Finkel, le cuisinier, se battrait pour pouvoir avoir des tomates fraîches à bord. Il sait faire, mais n’a pas les moyens pour le faire. Tôt ou tard, l’équipage moitié français, moitié roumain sera remplacé par un équipage philippin qui coûtera bien moins cher pour le même travail. Puis Walter nous montre en photo son petit neveu avec un tigre ou un serpent, ses frères dont un est cuisinier en Australie, sa chienne qui l’attend au port de Sanary sur Mer et sa femme d’origine indienne mais ayant vécu au Vietnam.

A 16h, nous voilà donc au poste de commande où le chef mécanicien en profite pour retarder l’heure d’une heure (on se rapproche petit à petit de l’heure française). Il nous présente le bateau dans un premier temps avant de nous embarquer avec les casques dans les entrailles de la Bête. Le moteur est réparti sur plusieurs ponts et est situé dans la « cathédrale ». La partie habitation du bateau s’appelle déjà le « château ».  On ne se refuse rien littéralement parlant. L’air ambiant très chaud rend l’odeur du combustible (fuel lourd) très suffocant à certains endroits du moteur. En fait, les raffineries ne savaient pas quoi faire du fuel juste après l’étape du bitume, et se débarrassait à bas prix de ce fuel lourd dont il ne savait que faire. Aujourd’hui, comme la plupart des bateaux roulent au fuel lourd, le prix du combustible a augmenté et donc maintenant les cargos font attention à la vitesse pour économiser le carburant. En effet, pour doubler la vitesse du navire, il faut multiplier au cube la puissance du moteur. Le chef mécanicien nous explique aussi que chaque caisse du cargo réfrigérée est autonome. Celles des bananes sont  maintenues à 12°C. Il ne faut jamais mettre des bananes dans le frigo. Pour faire mûrir un régime de bananes en plusieurs fois, il suffit de mettre les bananes que l’on veut faire mûrir rapidement avec une pomme. Et l’éthylène présent dans ce fruit accélère le processus de maturité de la banane… Voilà pourquoi dans notre périple, j’ai vu mes bananes noircir en une nuit.

 

22 décembre 2009 

Traversée de l’Atlantique en cargo (3ème jour) : Est-ce le roulis ou le tanguis du cargo qui nous berce ? Mais ce matin nous nous réveillons à 7h55. Juste le temps que je descende prendre un café et faire les tartines de beurre, confiture et nutella pour Riri et Mathilde et je remonte faire le café dans le carré des passagers. Le matin, Riri fait une petite sieste d’une heure, et ma foi, l’après-midi se laisse tenter par une autre sieste de 3 heures. Cargo = repos. Riri en profite pour réviser son anglais avec le livre que nous avions acheté au Canada. Moi, je lis the Time Machine de HG Wells en anglais et Thithi regarde ses dessins animés et fait un peu de devoirs d’école. Elle commence à bien écrire droit, enfin. Nous sommes allés à la médiathèque du cargo dans la salle des ordinateurs. Le choix est grand mais dans un certain style seulement, les films d’action. Nous avons emprunté Mesrine avec Vincent Cassel mais ne l’avons toujours pas regardé. Après déjeuner, nous nous sommes promenés sur les  ponts avec Martin, sommes allés à la proue et à la poupe du cargo. Le temps est encore clément mais le Commandant nous a prévenus qu’il y aura du mauvais temps à partir du 23 jusqu’au 25 décembre inclus. Dans son logiciel de météo, il nous montre que le cargo arrondit sa route pour éviter le cœur de la tempête. Mais nous devrons inévitablement la traverser à un moment donné… Le cargo container bouge davantage que le paquebot mais cela reste encore largement supportable et pas du tout indisposant. Même Thithi me dit que « c’est normal que ça bouge, on est sur un bateau ». Elle s’est parfaitement accommodée, on dira « amarinée » et l’équipage est ravi que nous ne soyons pas dès le premier jour entrain de rendre nos entrailles. Mais paraît-il le plus dur reste à venir.

 

 

23 décembre 2009 

Traversée de l’Atlantique en cargo (4ème jour) : Aujourd’hui, une journée sans haut ni bas en terme d’activité. Seulement des hauts et des bas plus importants dans la sensation du roulis du bateau. Les stylos, les sous tasses commencent à faire la danse sur les tables. Nous-mêmes et l’équipage semblons marcher soit penchés en avant soit penchés en arrière, pour contrebalancer le tangage du bateau. Heureusement personne à bord du bateau n’est malade. Nous avons un bon sens de l’équilibre et une bonne oreille interne qui depuis deux mois a pu apprivoiser cette sensation instable. Riri est allé voir le commandant pour réserver une voiture à Montoire, près de Nantes, afin de ne pas avoir à descendre à Tourrettes de Dunkerque. Une estimation de 400 km en moins à parcourir. Ce n’est pas de refus, même si on n’est plus à ça près… Le repas du soir pour Thithi était excellent avec du melon délicieux en entrée et des frites pour accompagné une fricassée de volaille. Un repas simple mais qui enchante ses papilles. Ensuite nous avons regardé un film en DVD puisé à la bibliothèque « Mesrine », avec Cassel, trop violent pour Thithi… Aujourd’hui Mathilde a récité l’alphabet parfaitement et je suis bien fière d’elle et de moi et de ma patience !

 

24 décembre 2009 

Traversée de l’Atlantique en cargo (5ème jour) : Début  de journée dans la pure tradition cargo ; je descends avant 8h00 petit déjeuner et remonte une tartine de Nutella et une à la confiture pour Thithi et Riri. Ensuite je somnole à nouveau car cette nuit nous avons passé la tempête et dans la nuit, ça a un petit bougé ; le frigo s’est ouvert et les canettes se sont échappées de leur prison réfrigérée. La bannette (lit) de  la chambre du fond qui nous sert de salle de réunion a glissé. Bref, ça remue. A midi, le rosbeef haricot vert nous est resté un peu sur l’estomac. L’après-midi on avance l’heure d’une heure et à 16h00, il est déjà 17h00. Et quand l’heure du diner arrive, nous y allons presque à reculons. L’assiette de charcuterie et les lentilles qui accompagnent  le coquelet ne nous ravissent pas et encore moins Martin, qui n’a droit qu’aux lentilles. Et son plat est présenté de façon si peu appétissante, qu’il monte dans sa chambre chercher son appareil photo pour immortaliser son délicieux plat de Noël. Puis comme il est  presque 21h00, nous sommes attendus au bar des officiers où nous dégustons un 1821, rhum de Marie-Galante, au goût de banane et du champagne pour fêter Noël. Un sapin est dressé décoré par un élève officier et la petite amie d’un jeune officier. Mathilde avant le repas a laissé ses souliers au pied du sapin tandis que nous avions bu un petit apéritif (punch pour Riri et jus de goyave pour moi) et maintenant voilà que la salle est remplie de ballon rouge, bleu, blanc nacré et doré. Les serpentins volent et oh surprise voilà le papa Noël ! le premier matelot que nous avions vu et qui nous avait aidé à porter la valise quand nous avons embarqué avait endossé l’uniforme et cela lui allait à ravir. En plus parlant roumain, il avait un peu l’accent du grand nord. Dans sa hotte, un sac de marin, se trouvait un joli paquet qui renfermait une très jolie robe en madras, un brule-encens et un porte-monnaie multicolore. Thithi était ravie et a embrassé à plusieurs reprises le papa noël improvisé. Puis à son départ, une bagarre de ballons s’en est suivie et qui a duré très longtemps entre deux bavardages avec le commandant et la second-capitaine. Très sympathique. Quand nous sommes remontés dans la chambre une jolie chaussette de Noël était accrochée à notre poignée de porte et c’était le papa Noël de Martin qui était passé apporter à Mathilde une grosse tablette de chocolat suisse, une lampe, un savon avec un petit ange, une carte avec un trèfle à quatre feuilles, un kiwi (il a remarqué qu’elle les adorait et l’a d’ailleurs mangé aussitôt) et surtout un très joli carnet dédicacé à Mathilde. Son écriture est une véritable calligraphie et nous sommes extrêmement touchés par les présents inattendus. De notre côté, nous n’avons pas grand-chose, c’est même un euphémisme pour dire que nous n’avons rien à lui offrir, surtout qu’il ne fume pas, ne boit pas…

 

25 décembre 2009 

Traversée de l’Atlantique en cargo (6ème jour) : Midi, pot chez le commandant. Petit punch..

 

26 décembre 2009 

Traversée de l’Atlantique en cargo (7ème jour) : Réveil ce matin à 9h00, pas de petit déjeuner. Je me lève et me fait un café et prend deux biscuits que nous avions en réserve pour grignoter en regardant « Quatre Etoiles », un film en dvd avec José Garcia et qui se passe au Carlton à Cannes. Puis déjeuner comme d’habitude, puis un autre dvd, « Scarface » avec Al Pacino. Martin nous demande 4 euros contre 10US$ pour payer ses emails à bord. Riri n’en a envoyé qu’un alors ça devrait pas être très cher !... On remplit au déjeuner les papiers pour la douane (on a droit à une cartouche et une bouteille d’alcool par personne).

Camille l’ami d’un officier vient nous chercher pour  télécharger  les photos que nous avons faites pour le réveillon. Puis c’est au tour de Martin de nous emmener les siennes.

 

 

Commentaires  

 
0 #1 Boiteau.Bruno 09-03-2013 17:42
Bonjour,
Je souhaite rejoindre New York en bateau.
Comment je peux faire à qui m'adresser et en un minimum de jours ..
Merci
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